Interview de Jean-marc PELARDY gérant de TECHNIMAST

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Interview réalisée pour le guide Pixel AN2V 2019

Le choix des supports est essentiel pour un projet vidéo réussi.

Depuis maintenant plusieurs années, la vidéosurveillance se développe de manière importante dans le domaine urbain, mais c’est aussi le cas sur des sites plus industriels ou dit « sensibles ».

Force est de constater que le choix des supports recevant les caméras, qui semblait à l’origine de notre profession un peu négligé, fait l’objet aujourd’hui d’une attention toute particulière de la part des différents prescripteurs.

En effet, quelle que soit la qualité de la caméra, si le support est mal choisi, les conséquences sur la qualité des images les jours de vent peuvent être très préjudiciables et mettre en péril une bonne interprétation de la prise de vue. Les utilisateurs ayant subis des désagréments dans le domaine sont légion.

Jean marc-pelardy fondateur technimast

Alors, pourquoi les oscillations d’un mât perturbent-elles la qualité des images en vidéo-protection ?


Jean-marc PELARDY, gérant fondateur de la société TECHNIMAST répond :

Les oscillations constatées au sommet d’un mât sont tout à fait naturelles. Elles résultent de l’effet de plusieurs facteurs combinés.
D’abord, vis-à-vis des mouvements du sol, le mât se comporte comme un oscillateur et va passer alternativement d’une position d’équilibre stable (qui est centrale) à une position de flexion, de part et d’autre de cette position centrale.

 

La distance entre ces deux positions est appelée communément dans notre jargon le dépointage. Celui-ci se mesure en (mm), il est directement lié à la nature du mât mais aussi à la vitesse du vent présente sur l’édifice.

 

Ensuite, à ce dépointage, s’associe évidemment la fréquence à laquelle ce mouvement d’oscillation se produit. Elle appelée fréquence

fondamentale d’oscillation et se mesure en (Htz).

 

C’est principalement à ces deux valeurs: dépointage et fréquence, que nous devons les problèmes rencontrées par les caméras fixées en tête d’un mât. Car elles subissent des accélérations qui sont souvent incompatibles avec leurs contraintes de stabilité.

Que peut-on faire pour limiter le phénomène ?

Avant cela, il faut comprendre que tous les capteurs ne nécessitent pas les mêmes
contraintes. Les caméras fixes ou dôme seront par exemple plus sensibles aux accélérations
ainsi qu’aux vibrations (les boitiers sont d’ailleurs normés sur ces critères au travers de la
norme EN 60068-2-6) alors que pour une caméra thermique c’est le logiciel de traitement
d’image qui est sensible aux écarts de pixellisation. Donc dans ce cas là, c’est plutôt le
dépointage qui est à surveiller. Bien évidemment plus on demande à la caméra de zoomer,
plus la stabilité de son support est nécessaire.

 

Chaque situation détermine un choix de caméra, les focales à utiliser, et donc par voie de
conséquence les critères qui sont à prendre en compte afin de dimensionner le bon mât
pour l’application.

Les mâts d’éclairage public sont-ils adaptés à la vidéosurveillance ?

Parfois oui mais bien souvent non. D’ailleurs plus le mât est haut, plus il est inadapté. C’est
pour cette raison que de nombreuses communes ont connu et connaissent encore
aujourd’hui des désagréments les jours de vent.

 

Les mâts d’éclairage public sont soumis à la norme EN40 qui admet des dépointage
maximum en tête de l’ordre de 5% de la hauteur du mât. Alors qu’en vidéo, nous prenons
comme critère préalable à tous autres calculs un dépointage admissible inferieur à 1%.
Il est évident que les communes sont soucieuses des budgets engagés et elles incitent les
maitres d’oeuvre à s’appuyer sur les mâts existants afin de ne pas générer de frais
supplémentaires en génie civil. Malheureusement dans certains cas cela s’avère être une
mauvaise solution et les résultats ne sont pas à la hauteur du budget investi.

 

Nous avons l’habitude chez TECHNIMAST de dire que quitte à rassembler éclairage et vidéo
sur un même support, il vaut mieux que ce soit sur un mât vidéo plutôt que sur un mât
d’éclairage… Nous fabriquons d’ailleurs de plus en plus de supports dits « mixés ».

La stabilité est-elle le seul critère à prendre en compte en vidéo ?

Bien évidemment non ! bien d’autres sujets doivent être abordés lorsque on réfléchi à un
support de caméra. Je vous en cite quelque uns en exemple :
· L’esthétique générale de l’ensemble mât+caméra, qui doit être pensée pour s’intégrer
au mieux à l’environnement concerné.

 

· Le dimensionnement des chambres de visite des mâts qui doit permettre une
intégration aisée et sécurisée de l’équipement électronique nécessaire à la caméra.

 

· La sécurisation renforcée de l’édifice lorsque le mât est installé dans des zones dites
sensibles

 

· Réfléchir à une bonne ’accessibilité de la caméra pour les opérations de maintenance

 

En fait, si de nombreux sujets sont communs à presque toutes les situations (ce qui nous a
permis depuis 2012 de développer des produits standardisés), il existe bien évidemment de nombreux cas plus spécifiques sur lesquels notre bureau d’étude travaille chaque jour pour accompagner nos clients vers les solutions les plus adaptées.

 

Pour conclure je dirai que pour un déploiement vidéo réussi, le choix du support doit être fait avec la même rigueur que celui qui est fait pour la partie plus électronique du projet.

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